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Je réserve l'histoire de ces montagnes jusqu'au jour où je donnerai au public la relation de mon voyage d'Alexandrie au pays des Chilouks. Plus près de nous, à l'ouest et au nord, le faîte des monts Kara, qui s'étendent jusqu'aux plaines des Ta'achis et, au nord de ces dernières hauteurs, les monts Soula, qui atteignent presque la ville de Rouga dans le pays des Bongos. Nous trouvions les foûl remplis d'eau, et nous nous croisions sans cesse avec des Arabes qui venaient en troupes de l'intérieur, fuyant les chaleurs de l'équateur et les piqûres des insectes. C'était un baam, une sorte de gorille, comme on me l'apprit plus tard. James Jackson.

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A Kadjmar, les puits sont abondants et leurs crues suivent celles du fleuve. A Bara, le même phénomène se produit encore. A Libey 1, les habitants ont remarqué que l'eau est à vingt mètres plus bas qu'autrefois.

Je ne vois à ce fait qu'une explication : l'eau aura trouvé plus profondément un autre canal et abandonné celui qu'elle suivait d'abord. Pour l'atteindre maintenant, il faut percer la roche sur une profondeur de dix à quinze mètres environ. Ainsi, le Nil n'est pas seulement ce fleuve nourricier dont les inondations entretiennent la vie végétale et même animale en Égypte ; son action bienfaisante lutte contre les influences funestes de la sécheresse et du désert.

Il se répand,pour ainsi dire,hors de son lit, pour alimenter tous les puits que je viens de nommer, pour fertiliser les oasis de la Nubie occidentale. Autrefois cette ligne passait plus au nord par Alexandrie. Elle se déplace avec les modifications de température que subit notre planète.

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A l'est du Nil, la ligne des pluies s'étend au nord jusqu'aux montagnes voisines 1. Chef-lieu du Kordofàn, appelé el-Obeid sur les cartes. Elle atteint même les montagnes de l'Etbaye. Je chercherai à expliquer ce phénomène quand je traiterai la question des pluies tropicales.

Je trouvai à Ouâdi Halfâ l'ingénieur du chemin de fer, M. Il est aussi aimable que savant. Il me parla de ces lits desséchés des torrents que l'on voit si fréquemment dans les régions privées de pluie. Je lui marquai à mon tour mon étonnement de l'indifférence des voyageurs qui n'ont pas relevé entre le Caire et Ouâdi Halfâ tant de faits si remarquables.

Depuis cette époque, M. Johnston a donné au public une carte de l'Égypte dont la précision et l'exactitude méritent tous les éloges. Nous avons fait la route à dos de chameau. C'est ce jour-là que je fus le plus à môme d'observer le phénomène du mirage. De Dongla'Ordi à Abgoust nous avons repris quelque temps notre bateau pour le quitter définitivement et prendre jusqu'à Libey la route de terre, à travers un désert où l'on ne trouve de l'eau que dans les puits dont j'ai parlé plus haut.

Je fus d'abord retenu par les difficultés que notre caravane rencontrait à se procurer des chameaux. Pour ma part, je pus enfin en acheter un à mes frais et me joindre à une autre caravane qui était prête à partir. A la fin d'avril je traversais le désert entre Kadjmar et Bara. Cette saison est pour les Arabes l'époque des semailles. Ils les font d'une façon toute particulière.

Ils creusent des trous où ils jettent le grain et qu'ils recouvrent ensuite de terre. Dans les endroits où la couche de sable est très légère et seulement superficielle, ils répandent le grain à la façon européenne, puis ils le recouvrent en remuant le sable avec des branches d'arbre. Ils attendent alors en toute sécurité la pluie, dont le retour est invariable. Le 1 mai, la première pluie tomba tandis que nous nous rendions de Bara à Libey. Le 2 du même mois, j'étais à Libey.

Les oiseaux connaissent peut-être mieux encore que l'homme le commencement de la saison des pluies. Ils descendent tous les jours en troupe dans les endroits où ils peuvent trouver leur nourriture ; là ils se gorgent d'insectes que l'action des pluies développe sur les corps des animaux ou des esclaves infidèles, qu'on a coutume de ne pas enterrer. Avant la pluie on les voit se serrer sur quelques arbres effeuillés ; ne trouvant rien à manger sur cette terre desséchée, sablonneuse et brûlante, ils se pressent sur les branches des arbres, où ils se disputent la moindre place.

J'attendis à Libey, jusqu'au 19 mai, le départ de la nouvelle caravane que je devais suivre. A Aboû-Hârâza, la végétation tropicale des forêts africaines m'apparut pour la première fois. Nous suivions alors une direction généralement tournée vers le sud-ouest. Tout à coup, au nord, nous apercevons fort loi de nous une masse sombre qui se dressait jusqu'au ciel et nous fermait entièrement l'horizon.

Était-ce une chaîne de montagnes? Nous le croyions, mes gens et moi. Mais ceux qui connaissaient bien le pays n'avaient jamais entendu parler de montagnes dans cette direction. Cependant la masse s'élargit et s'élève davantage en se dirigeant vers nous. Puis bientôt souffle une brise dont la force s'accroît rapidement; elle devient même si violente que nos chameaux ont grand'peine à se tenir debout.

Enfin nous sommes enveloppés par un nuage de poussière et plongés dans les ténèbres. Le vent nous jette à la tête des pierres que nous essayons d'éviter en nous réfugiant derrière nos bagages. Cette trombe, après tout, était loin d'être aussi violente que celle dont j'ai souffert aux Indes avant de passer la Djamouna. Au bout de cinq minutes l'atmosphère seule était restée obscure; le vent diminuait ; il jetait encore de temps en temps, par rafales, de grosses gouttes de pluie ; mais nous avions le temps d'arranger nos bagages de notre mieux et d'alléger nos chameaux.

L'averse dura vingt minutes ; une bruine légère lui succéda et la pluie cessa enfin. C'était la première qui tombât dans le Kordofân, où les pluies annuelles durent en moyenne trois mois. Leur durée à Hofrat el-Nahâs est de sept mois; de neuf dans le pays des Niam-Niams, et môme dans la région équatoriale elles ne cessent pas de toute l'année.

Il ne faudrait pas croire qu'il pleuve continuellement pendant tout ce temps les a. Dans la période de la sécheresse la pluie manque tout à fait; c'est la saison d'été. Ainsi, depuis Libey jusqu'à l'équateur, sur une étandue de treize degrés, il n'y a que deux saisons marquées par la présence ou l'absence de la pluie ; saisons inegales dont la durée varie suivant qu'on se rapproche plus ou moins de l'équateur.

Le 24 mai j'étais à Sata, dans la région du Hamâra où les puits font absolument défaut. Les indigènes ont alors comme unique ressource l'eau qui séjourne, quelque temps après la saison des pluies, dans de petits lacs qu'ils appellent foûl.

Quand ces lacs assèchent, on fait avec des troncs d'arbres creusés d'immenses tonneaux où l'on conserve l'eau pour les hommes et les animaux. Les voyageurs ne peuvent se procurer d'eau qu'en achetant de ces tonneaux l. On rencontre des tonneaux de ce genre debeldié ou el Hamâra2 depuis Aboû-Hârâza jusqu'à Timboun, dans tout le pays qui est privé de puits. Le fruit des arbres qu'on emploie à cet usage, beaucoup plus gros qu'une noix de coco, contient une pulpe assez aigre qui procure cependant un rafraîchissement fort agréable.

Ces arbres si utiles, si admirablement 1. Les tonneaux sont si grands qu'un seul suffit pour alimenter une famille et ses animaux pendant l'année. Tonneaux ou barils semblables ; ils se font avec le tronc majestueux du debeldié ou el-Hamâra. De Sata trois routes se dirigent vers le sud-ouest; mais elles se réunissent toutes à Faqih Zakariya, dans le pays des ArabesBaggaras, où les puits sont très abondants.

Le 27 nous quittions Sata et le 29 au soir nous laissions au sud les montagnes de la Nômba, d'une hauteur assez faible, mais fort rapprochées les unes des autres. Les Arabes en comptent 99 : il ne faut pas prendre ce nombre à la lettre.

C'est un chiffre que les Arabes emploient au hasard pour marquer la multitude des objets. Je réserve l'histoire de ces montagnes jusqu'au jour où je donnerai au public la relation de mon voyage d'Alexandrie au pays des Chilouks. Le 30, à Timboun, nous atteignions la frontière des Rizegâts et le 1 juin nous étions à Aboû Na'am. C'est le pays desNa'am autruches dont les plumes servent à orner la tête de nos femmes.

Enfin le 2juin j'entrai à Faqih-Zakariya. A l'est se trouvait la Nômba, à l'ouest le désert qui nous séparait de la contrée du Foûr le Darfour et que peuplent les Rizegâts à l'époque des pluies. De Faqih-Zakariya on peut suivre une route qui gagne la contrée du Chêkka, et passe par un puits nommé Moundjilat, en inclinant vers le sud-ouest. Une autre route traverse la région de la Nômba et le pays des Ndjangués ; elle se dirige vers le sud.

C'est la plus courte, mais elle est sans cesse interceptée par les guerres que la traite des noirs suscite entre les indigènes et les Arabes ; aussi ne saurait-on s'y engager sans danger, sauf toutefois à l'époque des pluies. Nous avons choisi la première route, sans nous arrêter d'ailleurs à Moundjilat, que nous vîmes le 7 juin. On prétend, en effet, que dans cet endroit les pluies donnent naissance à des mouches qui s'attaquent aux animaux et dont la piqûre est mortelle.

Le 11 du même mois nous arrivions à Chêkka. Notre marche était souvent interrompue par la pluie. Nous trouvions les foûl remplis d'eau, et nous nous croisions sans cesse avec des Arabes qui venaient en troupes de l'intérieur, fuyant les chaleurs de l'équateur et les piqûres des insectes. Ils comptaient sans doute sur la végétation abondante qui se développe rapidement au nord pendant les pluies. Jamais je ne vis plus beau pays : la végétation du sol, les arbres ressentaient l'heureuse influence du printemps.

D'innombrables oiseaux de toute espèce célébraient la saison nouvelle ; la terre était peuplée de variétés infinies d'insectes.

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Dans les clairières les animaux paissaient en troupes, et les bêtes féroces que l'on voyait rôder ne les mettaient point en fuite. Tous ces êtres semblaient accourir en foule vers cette région favorisée pendant la saison humide, et qui se transforme avec le retour de la sécheresse en un désert impraticable.

Le 13 juin j'abandonnai ma caravane et je louai quelques hommes pour me conduire à Kaléka, le pays des Arabes Kambaniés. Je suivais toujours la direction sud-ouest, laissant au nord la région des pluies.

Après quatre heures et demie de marche, je m'arrêtai à Serâouil. Le lendemain, étapes au lac Soubito, au puits d'el-Matari et au puits d'el-Hamîd. Nous passons la nuit en pleine forêt, après 10 heures de marche. Le 15 nous trouvons le puits Ma'âly et nous nous arrêtons la nuit à Poplil, chez les Arabes Kambaniés.

Il nous faut traverser successivement des bois et des prairies. Les herbes des prairies sont très hautes, et plus on s'avance vers le sud, plus leur hauteur s'accroît.

A Kaléka le doura et les herbes étaient alors toutes en fleur : à Chêkka, elles dépassent à peine la surface du sol. Tout le paysentre Aboû-Hârâza et Kaléka est infesté de grands scorpions et d'autres insectes qui peuvent être dangereux, si le voyageur n'a pas emporté avec lui un lit pour se reposer.

Il faut aussi se garder de se rafraîchir à l'eau des foûl, sous peine d'être atteint par le ver de Guinée. Peut-être faut-il rapporter à cette région tout ce que dit Strabon d'un désert herbeux, abandonné par les hommes, qui ont fui les redoutables attaques des scorpions. Au sud de Kaléka, les indigènes recueillent à la surface de la terre l'ardha termite dont ils se nourrissent.

A Kaléka même le termite ailé ne sort de terre qu'à l'époque où je m'y trouvais; chez les Niam-Niams il en sort à toutes les époques de l'année, mais il 'tend toujours le coucher du soleil. On creuse alors devant son trou une petite excavation et l'on y allume du feu : le termite, attiré par la lumière, vient s'y brûler les ailes et tombe.

Quand le feu est éteint, on recueille les victimes, on en remplit des caisses entières et on les mange comme nous mangeons des raisins de Corinthe. Strabon parle également de ce mets. Il paraît, en effet, avoir eu des renseignements sur cette contrée; mais peut-être aussi ces faits ne sont-ils pas propres seulement à la région du Dar-Foûr et peuvent-ils s'appliquer à d'autres régions tropicales. A Kaléka je fus tout étonné de ne plus trouver mon chameau.

J'appris bientôt que c'était une gracieuseté du cheikh : il avait voulu m'offrir, en échange, une chamelle et un taureau de grande taille qui portait une immense bosse sur le dos. Le 22, quittant cette bourgade hospitalière, j'atteignis, après deux heures de marche, le torrent Ridjilo. Il vient du nord, des monts Masslât, et se jette dans le Bahar el-'Arab. En suivant ce torrent on arrive directement dans appelle le Châts et des Golgouleis, que M.

Schweinfurth le pays des Dembo, dans le pays des Bogos ou, plus à l'ouest, dans celui des Férougués et des Golos. La route est à peu près celle-ci : le deuxième jour on traverse le Bahar el-'Arab ; après trois jours de marche dans un pays sablonneux, on voit une petite rivière qui coule au pied du mont Telgôna ; un jour après, nouvelle rivière beaucoup plus grande, le Boro, que nous rencontrerons bientôt sous le nom de Bahar el-Djebel rivière de la montagne ; elle vient en effet des régions montagneuses de l'ouest.

On continue jusqu'à Hor el-Gana ou Rhôr el-Gana en plein désert; si l'on veut aller dans le Dembo, chez les Bogos, on prend la direction sud-est. On prend la direction sud-ouest pour se rendre à Golo.

La petite nation des Férougués, que personne n'avait vue avant moi, est à l'ouest du ont Telgôna. Les Châts et les Golgouleis, ainsi que les Férougués, dépendent du DarFoûr ; mais il est remarquable que chacune de ces tribus ait sa langue part..

Enfin, en partant de Chêkka, on trouve une route qui atteint à travers le désert le Bahar el-'Arab et dirige en général vers le mont Telgôna ; on laisse alors à l'est la contrée des Ndjangués. Le 23, après sept heures de marche, je rencontre un nouveau torrent où l'eau coule à pleins bords.

C'est le Santjajia, qui a aussi sa source dans les monts Masslât. Les monts Masslât sont occupés par une tribu du Dar-Foûr qui porte le môme nom. Elle se trouve entre Kaléka et Dara et parle une langue particulière. Après sept heures de marche encore, nous passons le Bahar el-'Arab, appelé, à cet endroit, Ridjilo el-Ma'alem.

Le Bahar el-'Arab est donc au début un torrent qui descend du mont Marra. Il n'a d'eau, à l'époque de la sécheresse, que dans quelques bassins isolés comme dans le pays des Bogos.

Il se dirige d'abord vers le sudest, guis vers l'est. Les Arabes m'ont affirmé qu'il forme, au nord du pays des Ndjangués, un lac important. Ce lac doit, je crois, donner naissance, au nord, à la rivière Fanikam, qui lui viendrait du mont Mpaam dans le Nômba, au sud, à une autre rivière que nous aurons à signaler. Enfin, après quatre heures de roule nous nous arrêtions au bord du lac Ndjogan. Depuis Timboun, où nous avons vu pour la dernière fois le debeltieh au tronc immense, jusqu'aux montagnes des Ndoggos, on rencontre toujours à peu près les mêmes espèces d'arbres, et ces espèces n'ont rien de bien frappant.

Je signalerai seulement l'espèce nommée deleb. Le tronc de cet arbre ressemble fort à celui du cocotier. Il est lisse comme lui, mais plus gros et plus élevé. Le fruit du deleb ressemble au fruit du doûm, mais il est quatre ou cinq fois plus gros. On fait avec la partie extérieure de la farine et de la bière.

Cet arbre n'a été, je crois, ni rencontré ni signalé par le docteur Schweinfurth. Le 28 juin, nous voyons la montagne Royale, ainsi nommée parce qu'elle est la résidence du roi des Ndoggos.

Elle fait partie d'une chaîne de montagnes qui paraît orientée du nord-est au sud-ouest. Cette orientation est assez bien indiquée par une ligne de hauteurs plus basse, mais plus étendue, qui est au sud de la montagne Royale et qui limite le lit des rivières Boulboul et Ada.

Au sud-est des Ndoggos nhabite la tribu des Férougués. L'Aboussa est située plus au sud dans le pays des Krékis et donne naissance à un affluent de l'Ada. Du pays des Ndoggos une route conduit, le long du Boulboul, à Hofrat el-Nahâs ; on peut prendre un chemin plus direct qui ne suit pas le cours du fleuve, mais seulement à l'époque des pluies, car autrement on s'expose à manquer d'eau. C'est ce dernier chemin que j'ai suivi.

Après quatre heures de marche, le 29, je fis halte dans une forêt, au pied d'une montagne qui se dressait majestueusement en forme de cône. A l'ouest s'étendait une vaste prairie occupée par les Arabes Ta'achis et limitée, dans le lointain, par les montagnes Kara et Soula à l'ouest, par les monts Marra au nord.

A l'ouest de ces montagnes habitent les tribus arabes des Benî-Halfâs et des Benî-Hassels, sur la frontière même des Bongos. Le 30 juin nous avons atteint la rive gauche du Boulboul, le Baher el-Homr, comme l'appelle M.

Schweinfurth ; après avoir traversé le fleuve, nous nous sommes arrêtés dans le pays des Krékis, à Hofrat el-Nahâs. Hofrat signifie, dans la langue du pays, excavation ; Nahâs signifie cuivre.

C'est de là qu'on extrait un minerai de cuivre qui est réputé au loin dans l'intérieur du Soudan. Je crois avoir pu établir le premier, d'une façon certaine, la position de ces mines, que M. Schweinfurth n'a pas visitées, mais dont il a, après Barth, signalé l'importance1. Le 4 juillet je quittai Hofrat pour prendre la route du sud, tout en inclinant légèrement vers l'est. Je me trouvais alors dans la contrée que M. Schweinfurth appelle Manga et qu'il considère comme le domaine d'une tribu spéciale.

Le vrai nom est Minga, et cette tribu se rattache à la grande tribu des Krékis. Je me proposais d'atteindre Mofio, dans le pays des Niamanis Banguiés, et je voyageais certes en fort bel équipage ; devant moi, mes guides con1. II, p. Mais cette belle ordonnance ne tint pas longtemps contre les difficultés de la route. Après vingt minutes de marche, nous trouvions un terrain bas sur lequel les pluies avaient formé de nombreuses flaques d'eau.

La terre était à certains endroits si pénétrée par les eaux, que le chameau ne pouvait marcher sans enfoncer jusqu'aux genoux. Il tomba une première fois; puis, tandis que nous nous croyions délivrés, tandis que nous avancions avec les plus grandes précautions, il s'enfonça de nouveau jusqu'à la poitrine.

Je me trouvais dans un cruel embarras. On me disait qu'il fallait suivre une vallée couverte de forêts au milieu desquelles l'Ada s'est tracé son lit. Mais cette vallée est bordée de hautes montagnes boisées d'où descendent, à cette époque, des torrents qui rendent la route impraticable. Minguié ou Minga est située sur ces montagnes, à cinq jours de marche de l'Ada, en supposant que les journées soient de six heures.

Un guide, il est vrai, plus intelligent que les autres proposait de gagner le sud-ouest et tes monts Châla. Je m'arrêtai enfin à ce dernier projet.

Après quatre heures de marche sur des ondulations de terrain qui continuent les montagnes plus élevées du sud, nous atteignons la rivière Boulboul ; elle vient du sud, serrée de près par deux chaînes de montagnes, et tourne à l'est en traversant la plaine des Taachis. A l'est de Hofrat, elle s'unit à l'Ada, puis coule vers l'est et forme alors, avec le Ridjilo el-Ma'alem, le Bahr el-Arab. Nous traversons la petite rivière qui, venant du nord-ouest, se jette dans le Boulboul, et deux heures après nous nous arrêtons à un endroit que l'on appelle Tzilé.

Le lendemain nous atteignons la cime de hautes montagnes nommées Amkoûs, et de là nous apercevons à l'ouest d'autres montagnes plus élevées encore, dont les sommets bleuâtres sont orientés du sud au nord, dans la direction des monts Kara et Soula. Ce sont les monts Châla, que je crois pouvoir identifier avec les montagnes de la Lune. C'est là que j'ai perdu mon taureau d'une attaque de tétanos. Le 7 juillet, notre marche continue à travers les montagnes, après avoir passé la rivière Tragga qui, coulant entre ces montagnes et les monts de Châla, forme une longue vallée dirigée vers le nord-est; elle commence au pied des monts de Châla et se termine dans celle du Boulboul ; trois heures et demie après nous étions dans un village nommé Randjo, qui appartenait à la nation châla et se trouvait assis d'une façon très pittoresque sur le flanc des montagnes du même nom.

Les Châlas sont une tribu tout à fait différente de la nation des Krékis. Tout ce pays est appelé ordinairement Dâr-Fertît ou pays des infidèles. Ce pays ne m'a pas été favorable : j'y fus pour la première fois atteint par les fièvres intermittentes, et le 8 juillet, en arrivant chez le roi des Châlas, je fus attaqué par une fièvre pernicieuse.

Là, pendant la nuit, un serviteur infidèle disparut avec mon chameau : il est vrai que le roi le lit chercher, et j'eus toutes les peines du monde à épargner au voleur le plus horrible des supplices. Enfin, tandis que le 9 juillet je me dirigeais au sud-est vers Koutouaka, je fus étonné de voir quatre hommes armés lancés à notre poursuite en poussant des cris sauvages. Il nous fallait revenir sur nos pas et gagner le nordouest par les montagnes.

Après cinq heures de marche nous recevons une averse très forte : c'était la première pluie qui tombât dans le Châla depuis le solstice d'été. Pendant la route je perdis mon chameau, et mes hommes furent réduits à porter les bagages sur leurs têtes.

J'envoyai alors quelqu'un à Châla pour m'amener des hommes, et quelqu'un aussi à Nour pour me procurer un animal. Je descendis dans une belle vallée arrosée par la Mindja ; ayant suivi quelque temps cette rivière dans la direction du nord, je tournai vers l'ouest, et la traversai. La Mindja coule alors entre les monts Binga et Kara; après avoir baigné la montagne des Soula, elle prend un autre nom, celui deMamoun, devient navigable et va se jeter dans le Châri.

Aucun fleuve peut-être n'est plus riche en hippopotames ; mais ce qui doit nous intéresser surtout, c'est qu'il se rattache au réseau fluvial du centre; c'est que j'avais bien cette fois devant moi, dans les montagnes que je viens de nommer, la véritable limite du bassin du Nil, dans cette partie de son cours.

J'étais alors dans le pays des Bingas. Le lendemain, après quatre heures de marche, nous arrivions au bord d'un ruisseau, et le surlendemain, après une route semblable, nous faisions halte au milieu des montagnes; mes hommes s'enfoncèrent dans la forêt d'où ils revinrent chargés de motô.

On en fait de la farine qu'on mange soit seule, soit mélangée avec de l'eau, et je puis témoigner que le goût en est excelle , M. Schweinfurth rapporte que cette farine soit de nourriture aux Bongos et qu'elle est détestable : je ne l'ai trouvée que dans les monts Binga, où elle est très douce et très facile à digérer.

Le 13 juillet nous rejoignions les hommes qui venaient de Nour à notre aide, et, après avoir passé une dernière montagne, nous arrivions à Nour, dans la vallée des Bingas. Le 15 juillet il nous fut enfin permis de reprendre la direction du sud-ouest. La première rivière qu'il nous fallut traverser fut la rivière Binga, un des affluents qui descendent des monts Ouanda, de Banda à la Mindja ; après deux heures et demie de marche nous étions dans le pays des Yioulos, au pied d'une montagne nommée Niamba.

Les Yioulos, les Bingas et les Châlas sont les tribus différentes d'une seule et même nation. Du sommet du mont Niamba on a une vue très étendue, excepté toutefois à l'est. Dans le lointain, à l'ouest, une longue ligne de montagnes dont les plus hautes, les monts Abtalbaré et Méla, se dressent au sud.

Plus près de nous, à l'ouest et au nord, le faîte des monts Kara, qui s'étendent jusqu'aux plaines des Ta'achis et, au nord de ces dernières hauteurs, les monts Soula, qui atteignent presque la ville de Rouga dans le pays des Bongos.

On trouve aussi un peu plus à l'ouest les collines des Bongos. Ces Bongos sont une tribu qu'il faudrait bien se garder de confondre avec la tribu du même nom située plus à l'est. Enfin signalons encore à l'ouest des Bongos, des Karas, etc.

Les monts Marpa donnent naissance à une rivière dirigée vers le sud au travers des monts Ouanda, jusqu'à Sabanga dans la région des Bandas. Elle reçoit les rivières qui lui arrivent à l'ouest de l'Abtalbaré et de la Méla et dont la plus importante se nomme Abigué. Plus à l'ouest encore, nous apercevions une autre grande rivière qui arrose le pays des Rindas. Il n'y a pas de doute pour moi que la tribu des Rindas ne soit analogue à celle des Roundas signalée par les Européens qui ont voyagé dans le Baguirmi, et qu'il ne faille reconnaître dans les monts Ouanda les monts Kadaï.

Cet immense panorama que j'étais le premier appelé à contempler m'a laissé une vive impression. Sur le moment même je fus saisi d'un accès d'orgueil bien légitime, en songeant que je pouvais enfin apprendre aux Européens d'une façon certaine quelle était la région de transition entre le bassin du Nil et le pays du Soudan. Le 17 juillet je me remis en route; mais les guerres qui désolaient tout le pays des Bingas, au sud, me forcèrent à revenir sur mes pas par le chemin que j'avais suivi depuis la vallée de la Mindja.

Pacha, et un roi kréki nommé Agata ; ils venaient des régions des Bandas, emportant des charges d'ivoire et traînant avec eux une longue file d'esclaves. Au lieu de remonter le cours de la Mindja, nous l'avons franchie trois fois, tandis qu'elle vient de l'ouest, des monts Abtalbaré, puis nous avons trouvé la haute vallée du Boulboul, qui sous le nom de Ntomé descend des monts Abtalbaré et Méla.

Après sept heures de marche, nous nous sommes arrêtés auprès d'un affluent du Boulboul, l'Amfitia puis nous sommes entrés dans la haute vallée de l'Ada et de ses affluents, dans le pays des Krékis.

Le 21 juillet nous franchissions l'Ada, qui descend du mont Méla et, après une journée de sept heures, nous nous arrêtions à Koutouaka, à deux jours de marche de Châla. Le 22 juillet je continuai ma route vers l'est, pour me rendre à Mingui ; je venais de traverser un affluent de l'Ada, lorsque je m'égarai dans les hautes herbes en cherchant un de mes serviteurs que je croyais devant moi.

Je fis alors acte de résolution et me dirigeai vers Mingui. La nuit était absolument noire; c'était l'époque des pluies dans cette région, et elles tombent souvent après le coucher du soleil. Bravement monté sur mon âne, j'arrivai enfin auprès d'un ruisseau qui courait bruyamment à des cascades. Par une obscurité complète, je gagne alors la montagne que je venais de quitter et, choisissant dans la forêt un petit arbre adossé à un grand, je me forme avec ses branches une maison que je couvre d'herbe à la façon des indigènes.

Ces précautions n'étaient pas superflues : à peine étais-je couché qu'une pluie torrentielle commença et continua pendant toute la nuit avec violence; elle durait encore au matin. Je fus réveillé le lendemain par un bruit analogue à l'aboiement d'un chien ; je m'attendais à voir paraître un homme accompagné d'un chien.

C'était un baam, une sorte de gorille, comme on me l'apprit plus tard. Mais, par bonheur, je remarquai alors une route qui se dirigeait du nord au sud; je la suivis, et bientôt j'entrais à Mingui, où beaucoup de mes compagnons n'arrivèrent que l'après-midi ou même le lendemain. Mingui est situé au sud-ouest des monts Aboussa, qui s'étendent à l'est jusqu'au mont Telgôna.

Ces montagnes sont peuplées d'une infinité d'abeilles ; dans les monts de Châla et dans tout le pays que nous venons de parcourir, au contraire, on ne trouve pas d'abeilles. Ce que l'on trouve surtout dans ces dernières montagnes, c'est l'arbre à beurre, et l'arbre qui produit la farine jaunâtre dont j'ai parlé, le motô.

Le temps était alors très mauvais, la pluie continuelle. Le 28 enfin nous pûmes nous remettre en route. Nous avions à peine marché une demi-heure qu'un nouvel obstacle nous arrêta.

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C'était un torrent d'une extrême violence; on construisit pour le passer un pont très simple en choisissant sur la rive même des arbres dont la longueur égalait la largeur du torrent; on les coupa, ils tombèrent en se croisant, et le pont fut établi. Le 29 nous traversons une longue steppe pendant sept heures et demie, en nous dirigeant vers le sud-est. Le 30 nous passons la rivière Boro, qui descend du mont Méla et se dirige vers l'est.

Elle a de nombreux affluents: une rivière qui vient des monts Aboussa et qui lui arrive un peu à l'est de l'endroit où nous l'avons traversée; une rivière nommée Sosso, qui coule du sud au nord; plus à l'est, la rivière Koko et le Biri, qui nous est déjà connu par les voyages de M. Mais M. Schweinfurth se trompe sur le cours du Biri et de deux autres rivières situées plus à l'est, le Kourou et le Tembo ; il les considère comme des affluents du Bahar-el-'Arab.

En réalité, tous ces cours d'eau se jettent dans le Boro, que M. Schweinfurth n'a pas connu. Schweinfurth et les Arabes croyaient que ce bras venait du Bahar el-Ghazâl.

Voici les arguments que j'ai à leur opposer. Les différentes ramifications formées par le Boro entourent des contrées habitées par le Ndjangués : or les deux rives du Fakâm ont la même population. Mais dans toutes ces régions les populations sont toujours réparties suivant les rivières, et par conséquent une même tribu suit ordinairement le cours d'un même fleuve. L'embouchure du Boro a été confondue par M.

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Schweinfurth avec celle du Bahar el-'Arab. Cette confusion l'a même conduit à une hypothèse erronée. Étonné de la prodigieuse quantité d'eau que le Bahar el-'Arab charrie, il a imaginé qu'il recevait une grande rivière, le Bahar Aboû-Dinga, née près du Ouadaï.

Cette rivière, qui se nomme Tziggo, nous la retrouverons : c'est un affluent important d'un grand fleuve, le Bomo, qui alimenterait à la fois le Kongo et le Châri.

Après avoir passé le Boro, nous arrivons en une heure et demie à Dêm Dâoud. Au sud-ouest, à une journée de marche à peu près, se trouve le mont Ambaféri, qui est habité par la tribu des Kréko-Bandas et d'où descend le Tziggo. Depuis Dêm Dâoud jusqu'à Boko, on traverse pendant deux jours des steppes. Boko est le pays de Moussa, notre compagnon de voyage. Le 4 août je quittais Boko, toujours accompagné par le roi Agata et, après cinq heures et demie de route, je m'arrêtais à Somit, situé à quatre jours de marche à peu près de la zerîba de Zoubêr Pacha.

Cette zerîba se trouve, comme nous le verrons, sur la rive droite du Biri ; elle a été pendant un certain temps le lieu de séjour de M. Le 5 août nous nous dirigeons plus franchement vers le sud, et, par un chemin de huit heures en pleine montagne, nous atteignons la résidence d'Agata.

Nous franchissons le Sosso, affluent du Boro qui vient de l'ouest, peut-être du mont Ambaféri, et le 9 août, après cinq heures de route, nous arrivons sur la ligne de faîte des montagnes qui séparent le versant du nord de celui du midi.

Ces montagnes s'étendent de l'est à l'ouest : je leur ai donné le nom de monts Macédoniens. Le lendemain, marche de six heures, toujours dans les montagnes. Le 11 août nous traversons la rivière Proungo, qui vient de l'est, dans une direction tout à fait opposée à celle du Sosso. Elle est très large et nous l'avons franchie sur des ponts construits à la hâte, selon la méthode indiquée et décrite par M. Nous continuons toujours notre route sur les hauteurs et nous nous arrêtons après cinq heures de marche sur une montagne toute rocheuse.

Le 13, nous traversons la rivière Ouechi, affluent du Béti, et nous faisons halte le soir dans un village des Krékis. Le lendemain, nous trouvons presque aussitôt le Béti, qui coule du nord-est au sud-ouest en, sens inverse du Koko. Schweinfurth a commis à propos de ce fleuve une double erreur : il s'imagine qu'il se dirige vers le nord, comme le Sosso, le Biri et tous les affluents du Boro ; et d'autre part il le confond avec une prétendue rivière Mbama qui ne doit être autre que le Bomo.

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Une heure après avoir franchi ce fleuve, nous faisons halte dans un village de Krékis, où pour la seconde fois je suis atteint de la fièvre. Je perds entièrement connaissance, on me couche sur un lit et, sans que je me doute de rien, on me transporte ainsi en pays NiamNiam, à Mofio, situé à une distance de six ou sept heures. Le chef de la zerîba de Mofio se trouvait être un certain Outferah qui a commencé, comme Moussa, par être employé à la zerîba de Zoubêr Pacha.

Il vint me demander tout d'abord une centaine de livres dont il avait besoin. J'échappai aux périls que me faisait courir son avidité en usant de politique : je lui présentai les clefs de mes coffres en l'invitant à prendre tout ce qu'il y trouverait. Outferah vit bien alors que je n'avais rien de trop; il se récria fort cependant, prétendant que j'étais très riche, que j'avais été très libéral envers Nour et que je faisais le ladre avec lui. Je fus tiré de ce mauvais pas par l'arrivée d'un Albanais qui parlait l'arabe, le turc, et un peu le grec.

Il était passé autrefois par le Péloponnèse, presque par mon pays, et il me marqua une grande joie de me rencontrer. Bientôt même il me proposa de l'accompagner ; j'avais bien l'intention d'abord de gagner le sud et Pirintzi, mais je craignais tant Outferah que je me décidai à suivre mon nouvel ami.

A Mofio la moisson du sorgho était déjà faite, et celle du maïs ne pouvait guère tarder, tandis que chez les Krékis j'avais trouvé ces plantes encore sur pied et mûrissant à peine. Les pluies du solstice durent, à Mofio, tout le mois de septembre ; nous attendîmes pour nous remettre en route qu'elles eussent cessé, et notre départ ne s'effectua que le 3 octobre , dans la direction du sud-est.

Après sept heures et demie de marche, nous nous arrêtions au bord de la rivière Yangoua, ayant à notre droite les monts Goppo et Kara, qui sont habités par des tribus fort différentes des Niam-Niams, quoique situées au milieu d'eux. Le 4 nous avons remarqué un cotonnier gigantesque roûm en arabe : il est d'une hauteur étonnante, et le développement de ses branches égale sa force et son élévation. Les NiamNiams le vénèrent comme la demeure de la divinité ; il est l'objet d'un véritable culte et les arbres qui l'entourent sont ornés d'épis de sorgho nouvellement cueillis.

Nous avons fait halte le soir à Cherîf, et, le lendemain après cinq heures de marche, en pleine forêt. C'est alors que je mangeai pour la première fois d'une espèce de grands haricots ronds comme des pommes de terre, que les indigènes nomment pampa. Le lendemain 6 août nous traversions le Yangoua, qui vient de Dêm Goutcho en sens inverse du Biri. Schweinfurth : c'est un affluent du Bomo et non pas une rivière du bassin du Bahar el-Ghazâl. Elle se réunit à l'Ouallé qu'il ne faut pas confondre avec l'Ouellé que nous avons franchie un peu plus loin.

L'Ouallé, dont M. Schweinfurth a connu le vrai nom et aussi la vraie direction, vient de Dêm Beker en sens inverse du Rourou. Par malheur mes pieds me refusaient alors leur service : ils étaient couverts de plaies. En vain l'Albanais essayait-il de ranimer mon courage en m'affirmant que sa zerîba n'était qu'à une heure de chemin. Les deux bâtons sur lesquels je m'appuyais, les efforts de ma volonté, tout fut inutile. J'avais perdu mon âne à Mofio pendant les trois jours où la lièvre m'avait donné le délire.

Il ne me resta plus qu'à monter sur les épaules de mes hommes ; chacun me portait trois minutes en marchant d'un pas accéléré. Pendant ce temps mes pieds se refroidirent,et je fus pris d'un horrible frisson. Je souffris ainsi pendant une heure; enfin nous étions à une demi-heure de la zerîba, quand on vint au devant de nous.